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  • Sofia H.

Pâques dans l’après-midi : La prière du figuier

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Réflexion du prêtre Jean-Pierre pour Dimanche de Pâques:



« La silhouette du Christ dans son manteau bleu se détache sur le fond doré. Les mains levées en un geste de prière, il bénit le pain rompu déposé dans le plat devant lui. Son visage comme la composition de la scène rappellent d’autres représentations des disciples d’Emmaüs (Caravage, Rembrandt…). Mais loin de répéter ses prédécesseurs, Arcabas poursuit leur recherche. Il nous conduit plus avant dans « l’intelligence » de ce passage d’Évangile.



Deux disciples


Assis en vis-à-vis, les deux disciples dirigent leur regard vers Jésus. Coude sur la table, verre de vin à la main, ils donnent l’impression d’être le reflet l’un de l’autre. On s’aperçoit pourtant que le peintre ne les a pas traités de la même façon. Le corps du disciple de droite évoque un bloc, une carapace d’où la tête sort prudemment. Visage impassible, il écoute et observe attentivement Jésus. Quelque chose dans les gestes et les propos de ce voyageur l’intrigue et l’amène à sortir de l’abattement dans lequel il était plongé après cette terrible après-midi de vendredi au Golgotha.


Le disciple de gauche a un petit temps d’avance sur son compagnon. Il s’est redressé et la main sur laquelle sa tête était appuyée reste en suspens. Sur ce visage stupéfait, le peintre a ajouté un « autre » œil, car il commence à regarder avec les yeux de la foi : « Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent » (Lc 24, 31). Son corps est plus souple que celui de son ami et ses vêtements ont la couleur du feu qui l’habite désormais.



La table


Sur la table, le plat avec le pain rompu et le pichet pour le vin sont mis en évidence. Il y a aussi, au premier plan, une coupe de figues bien mûres.

La figue symbolise la connaissance de l’Écriture : quel que soit l’endroit où l’on mord dans le fruit, on trouve des graines. Il en est de même pour celui qui se nourrit de l’Écriture : quels qu’en soient la page ou le verset, la Parole de Dieu y demeure, n’attendant qu’à germer en celui qui la lit et l’écoute.


La coupe de figues et le pain rompu représentent symboliquement l’itinéraire intérieur des disciples d’Emmaüs. Après les avoir nourris du pain de sa Parole, le Christ leur partage le pain de sa Vie. Mais, au fait, avez-vous vu une table ? Il n’y a pas vraiment de table… Ou plus exactement on ne perçoit pas vraiment de différence entre la table et le manteau du Christ. Jésus fait corps avec la table, c’est lui la Table où chacun est invité. »



La prière du figuier est persévérante. Elle ressemble à cette attitude de l’intelligence qui ne craint pas le temps long, qui cherche avec patience à découvrir le fruit secret d’un texte médité longuement. Le figuier sait que son Créateur lui donne et lui redonne sa chance : pas de fruit au printemps ? Qu’importe, il reste l’automne !


Cet arbre apprend à celui qui s’abrite sous son ombre que stérilité n’est pas fatalité, mais qu’il faut durer pour porter du fruit. Le figuier aime la discrétion. Ses feuilles offrent un abri. Elles dissimulent les fruits afin d’inviter le gourmand à chercher, tant il est vrai que, dans la vie spirituelle, bien souvent, le fruit n’est autre que la quête.


Le figuier nous rappelle que toute recherche spirituelle est un secret entre un homme et son Dieu.



Le pain pour la route


« À l’arrière-plan, deux petites croix dorées aux lignes souples se détachent sur le fond sombre. Elles ouvrent une perspective lumineuse qui conduit à une troisième croix, encore plus grande, qui enveloppe le Christ comme le ferait une mandorle. Ces croix, évocation de la Trinité, tracent un chemin de lumière venant d’un au-delà. Par les mains ouvertes du Christ, cette lumière descend sur le pain rompu et se répand sur les visages.


Cet axe de lumière vertical croise une ligne horizontale qui relie les deux verres de vin et forme avec elle une quatrième croix. Le repas du Seigneur s’origine dans cette volonté de Dieu de venir à la rencontre des hommes et de les faire vivre de sa vie. Encore un court instant et Jésus disparaîtra « à leurs regards » (Lc 24, 31). Nourris de la Parole et du pain de Vie, Cléophas et son compagnon vont reprendre le chemin de Jérusalem et devenirs témoins. »

(Dominique Pierre. journal La Croix, 21 octobre 2017)


Tu es venu, Seigneur, Dans notre nuit, Tourner vers l’aube nos chemins; Le tien pourtant reste caché, L’Esprit seul nous découvre Ton passage. Pour nous mener au jour, Tu as pris corps Dans l’ombre humaine où tu descends. Beaucoup voudraient voir et saisir : Sauront-ils reconnaître Ta lumière ? Nous leur disons : « Voyez Le grain qui meurt ! Aucun regard ne l’aperçoit; Mais notre cœur peut deviner Dans le pain du partage Sa présence. » Puis nous portons vers toi, Comme un appel, L’espoir des hommes d’aujourd’hui. Mûris le temps, hâte le Jour, Et que lève sur terre Ton Royaume ! (PLH 149 / P 530)



Quoi faire en famille aujourd’hui ?


À la maison : À 11h, pendant 10 minutes, les cloches des églises du Québec vont sonner. Les fidèles sont également invités, s’ils en ont, à « sonner les cloches », et à chanter le Gloria et l’Alléluia, en signe de la joie de Pâques.


Alors que le Québec redécouvre le repos du dimanche, on invite les fidèles qui le peuvent à prendre le temps d’un repas en famille, et à partager la joie de Pâques avec leurs proches, par téléphone ou autres moyens de communication.


D’autres idées vous sont données à www.diocesemontral.org/fr/semaine-sainte dans l’onglet « Vivre une quarantaine saine et sainte »



Joyeuses Pâques!



12 Avril 2020 Pedro



ESP

Reflexión del padre Pedro para éste Domingo de Pascuas:


"La silueta del Cristo en su abrigo azul resalta sobre el fondo dorado. Con las manos levantadas en gesto de oración, él bendice el pan partido dispuesto en el plato en frente de él. Su rostro en la composición de la escena recuerda otras representaciones de los discípulos de Emmaüs ( Caravage, Rembrandt...). Pero, lejos de imitar a sus predecesores, Arcabás continúa su búsqueda. Él nos conduce más allá en la "inteligencia" de ese pasaje del Evangelio.





Dos discípulos


Sentados uno en frente del otro, los dos discípulos dirigen su mirada hacia Jesús. Con el codo sobre la mesa, con una copa de vino en la mano, ellos dan la impresión de ser un reflejo el uno del otro. Por lo tanto se puede remarcar que el pintor no los ha diseñado de la misma manera. El cuerpo del discípulo de la derecha evoca un bloque, un caparazón del cual la cabeza sale prudentemente. Con el rostro impasible, él escucha y observa atentamente a Jesús. Algo en los gestos y las palabras de éste viajero le intriga y lo saca de su estado de abatamiento dentro del cual él estaba sumergido después de esa terrible tarde del viernes en la Golgotha.


El discípulo de la izquierda tiene un pequeño tiempo de avance sobre su compañero. Él se enderezó y la mano sobre la cual su cabeza estaba apoyada queda suspendida en el aire. Sobre ese rostro estupefacto, el pintor quiso añadir "otro" ojo porque él comienza a mirar con los ojos de la fé: " Entonces sus ojos se abrieron, y ellos lo reconocieron." (Lc 24, 31). Su cuerpo es entonces más flexible que el de su amigo y sus vestimentas tienen el color del fuego que vive en él a partir de ese instante.



La mesa


Sobre la mesa, el plato con el pan partido y la jarra para el vino destacan. En primer plano también hay una copa de higos bastante maduros. El higo simboliza el conocimiento de la Escritura: sin importar el lugar donde se muerde en el fruto, podemos encontrar semillas. Ésto aplica tambien para todo aquel que se alimenta de la Escritura: sea cual sea la página o el verso, la Palabra de Dios se queda, esperando sólamente a que germine en todo aquel que la lea o la escuche.


La oración del higo es perseverante. Ella se parece a aquella actitud de la inteligencia que no teme a la eternidad, que busca con paciencia descubrir el fruto secreto de un texto meditado detenidamente. El higo sabe que su Creador le da y le vuelve a dar su oportunidad: ¿Y si no hay frutos en primavera? ¡Qué más da, todavía queda el otoño!


Ese árbol le enseña al que se resguarda en su sombra que la esterilidad no es una fatalidad, sino más bien que hay que durar para poder dar fruto. A la higuera le gusta la discreción. Sus hojas ofrecen un refugio. Ellas disimulan los frutos con el fin de invitar al goloso a buscar, y ésto es tan cierto que, seguido, en la vida espiritual, el fruto no es nada más que la búsqueda.


La higuera nos recuerda que toda búsqueda espiritual es un secreto entre un hombre y su Dios.



El pan para el camino


"En segundo plano, dos pequeñas cruces doradas de líneas flexibles se destacan en el fondo oscuro. Ellas abren una perspectiva luminosa que conduce a una tercera cruz, aún más grande, que envuelve el Cristo como lo haría mandorla. Esas cruces, evocación de la Trinidad, trazan un camino de luz que viene de un más allá. A través de las manos abiertas de Cristo, ésta luz desciende sobre el pan partido y se extiende sobre los rostros.


Éste haz de luz vertical cruza una línea horizontal que une las dos copas de vino formando con ellas una cuarta cruz. La cena del Señor se origina en esa voluntad de Dios de venir al encuentro de los hombres y de hacerlos parte de su vida. Un instante más y Jesús desaparecerá "a sus ojos." (Lc 24, 31). Alimentados de la palabra y del pan de vida, Cleofas y su acompañante retomarán el camino de Jerusalén y se convertirán en testigos."


(Dominique Pierre. journal La Croix, 21 octobre 2017)

Tu es venu, Seigneur,

Dans notre nuit,

Tourner vers l’aube nos chemins;

Le tien pourtant reste caché,

L’Esprit seul nous découvre

Ton passage.


Pour nous mener au jour,

Tu as pris corps

Dans l’ombre humaine où tu descends.

Beaucoup voudraient voir et saisir :

Sauront-ils reconnaître

Ta lumière ?


Nous leur disons : « Voyez

Le grain qui meurt !

Aucun regard ne l’aperçoit;

Mais notre cœur peut deviner

Dans le pain du partage

Sa présence. »


Puis nous portons vers toi,

Comme un appel,

L’espoir des hommes d’aujourd’hui.

Mûris le temps, hâte le Jour,

Et que lève sur terre

Ton Royaume !

(PLH 149 / P 530)



¡Felices Pascuas!


12 de Abril del 2020 Pedro


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