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  • Sofia H.

Devenir voyage

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Réflexion du prêtre Jean-Pierre pour ce Dimanche


Deux disciples faisaient route vers un village…


Les disciples en route vers Emmaüs sont en pleine déroute. En crise. Déçus par le destin de Jésus qui a tourné court. Confinés dans leur tristesse. Ils ne voient pas le bout du tunnel. En sortiront-ils un jour ?



Nous aussi, actuellement, nous sommes en période de crise, et en confinement. On se demande quand et comment on va s’en sortir. On ressent comme un flou, une perte de repères. Nos projets d’avenir ont volé en éclats. Certains se sentent attristés, et même abandonnés.


« La vie est un voyage. La vie est un voyage initiatique où l’objet réel du voyage est finalement soi-même. La vie est un voyage dans lequel on est embarqué sans le savoir et dont on ne sait ni la destination ni la durée. Voyage parfois magnifique, voire captivant, souvent harassant et angoissant. Il est des gens dont on dirait qu’ils sont des navigateurs-nés : d’un coup, ils décodent le ciel et savent se retrouver. Ils ont comme une espèce de cartographie intérieure qui leur permet de toujours savoir où aller. On dirait aujourd’hui qu’ils ont un GPS inné. [] Je les envie. Quand je sors du métro, j’ai presque toujours perdu mes repères et me voilà cherchant le nom de quelque rue familière pour enfin m’en aller dans la bonne direction.

Pourquoi le voyage est-il si séduisant ? Partir, fuir, recommencer, renaître ? Échapper à l’enfermement, ouvrir l’horizon, varier le menu. Le voyage semble magique, à la fois promesse et mirage. »          (André Beauchamp)


Les pèlerins d’Emmaüs ont choisi de ne pas subir plus longtemps l’incertitude. Ils ont décidé de mettre la clé à leurs rêves avec Jésus. Le grand prophète est mort, et leurs espoirs avec lui. Ils rentrent à la maison. Chacun pour soi, sans doute.

Tu es bien le seul qui ignore les événements de ces jours-ci…


Il apparaît inimaginable que cet Étranger n’ait pas entendu parler du drame qui s’est déroulé il y a si peu de temps. Les pèlerins d’Emmaüs se confient à lui longuement. Avant tout, il les écoute.


On a tellement entendu parler du COVID-19 qu’on en est maintenant presque saturé. Et cela fait rarement sourire. On est devenu anxieux, déboussolé. Beaucoup trop de paroles peut-être, pas assez d’actions : on devient passif, impuissant. La tragédie semble installée à demeure.



Ne fallait-il pas que le Messie souffrit cela pour entrer dans sa gloire ?


Chacun son tour de prendre la Parole. Mais le Ressuscité l’explique longuement. «On ne brille qu’en se consumant», dit un proverbe. Le Maître illumine les pèlerins d’Emmaüs pour les aider à assumer une nouvelle déconcertante, sidérante : Dieu a choisi de se faire un serviteur souffrant pour nous offrir le salut, la paix et l’espoir. Dieu a pris le risque d’être ridiculisé, bafoué et tué. Son amour ne s’impose pas.


On peut gager qu’il y aura un AVANT et un APRÈS cette pandémie. Nous ne sortirons pas indemnes de cette expérience. Qu’est-ce qui va en sortir de neuf ?

Reste avec nous, car le soir approche…


Les paroles de Jésus ressuscité ont élargi l’horizon des pèlerins. Ils deviennent peu à peu autre chose dans ce qu’ils ont eu à vivre. L’espoir renaît, et cela leur fait tellement de bien ! Surtout le laisser s’échapper de nouveau !


François Xavier de Boissoudy


On nous annonce un dé-confinement, la recherche d’une immunité communautaire. On risque donc d’attraper le virus mais pas tous à la fois. Est-ce la bonne solution ? Comment va-t-on s’en sortir ? On ne peut tout simplement pas rester là sans rien faire encore longtemps. À l’exemple d’un grand voyage, on en revient souvent transformé.


« Me voici maintenant sans feu ni lieu, ou presque. Mais libre et dégagé. L’espace s’est rétréci, le cœur s’est dilaté. J’ai retrouvé du temps pour moi et mes amis. Car la vraie maison n’est pas l’enclos de brique, de plâtre et de fenêtres dont chacun, bien sûr, a besoin pour se chauffer les os. La vraie maison est ailleurs. À découvrir sans cesse dans la rencontre des gens qu’on aime. Si tu tends la main vers moi, nous érigerons une demeure que ni le temps ni la tempête n’abîmeront. Nous deviendrons demeure. »           (André Beauchamp)



Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.



Jésus ressuscité avait repris l’histoire du salut, il l’avait expliquée, commentée, mise en lumière. Pourtant il ne s’est rien passé de décisif. Échec de sa catéchèse.


C’est lorsqu’il fait le geste du pain, de la fraction du pain, que les aveugles se mettent à voir, que les disciples le reconnaissent. Pain rompu, vie donnée.


Mais le Maître a déjà disparu. Car désormais, c’est l’absence de Jésus qui signifie sa présence.


Il a fallu un geste, une expérience.


On ne communique pas la foi seulement avec des mots. Les mots servent à rendre explicite la révélation que donne l’expérience. La foi est d’abord une expérience, une découverte. Une vie offerte, donnée, accueillie.

Ensuite, on part en voyage, on devient petit à petit pèlerin. Pour la vie…

Jésus qui m’as brûlé le cœur aux carrefours des Écritures, ne permets pas que leur blessure en moi se ferme : tourne mes sens à l’intérieur, force mes pas à l’aventure pour que le feu de ton bonheur à d’autres prenne. La table où tu voulus t’asseoir pour la fraction qui te révèle, je la revois, elle étincelle de toi, seul Maître ! Fais que je sorte dans le soir où trop des miens sont sans nouvelles, et par ton Nom dans mon regard fais-toi connaître ! Leurs yeux ne t’ont jamais trouvé, tu n’entres plus dans leur auberge, et chacun dit : « Où donc irais-je si Dieu me manque ? » Mais ton printemps s’est réveillé dans mes sarments à bout de sève pour que je sois cet étranger brûlant de Pâques ! (Didier Rimaud)


25 Avril 2020 Pedro


Des nouvelles de la paroisse


Plusieurs personnes du groupe latino-américain se sont mis en réseau avec What’sApp pour se soutenir spirituellement en ce temps de confinement.


Mardi dernier, 21 avril, a eu lieu le Yom haShoah, le jour international de commémoration de l’Holocauste. Des intentions de prière soulignent ce mémorial dimanche matin. Le rabbi Levi Itkin nous en remercie.


Jeudi soir a commencé la période du Ramadan pour la communauté musulmane. Un message de fraternité et de solidarité en ces moments si particuliers a été adressé de notre part au Cheik Asaad.


M. Léon Aubin, ancien trésorier de la Fabrique, est décédé la semaine dernière. Nos condoléances vont à sa famille et notre prière pour son retour à la Maison du Père.


Déjà quelques personnes ont répondu à notre appel pour le soutien financier de la communauté chrétienne. Nous les remercions chaleureusement.


Les autorités diocésaines nous suggèrent, alors que sonnent les cloches le dimanche midi, de prendre une pause de silence et de prières afin de soutenir les personnes affectées par la pandémie.



ESP

Reflexión del padre Pedro para éste Domingo


Dos discípulos se ponen en marcha hacia un pueblo...


Los discípulos en ruta hacia Emmaüs están en plena derrota. En crisis. Decepcionados por el corto destino de Jesús. Confinados en su tristeza. Ellos no ven el final del tunel. ¿ Saldrán algún día de ahí?


Nosotros también estamos en un periodo de crisis actualmente, y en confinamiento. Nos preguntamos cuando y como vamos a encontrar una salida. Sentimos como una confusión, una falta de puntos de referencia. Nuestros proyectos futuros se hicieron trizas. Algunos se sienten apesadumbrados, o incluso abandonados.


"La vida es un viaje. La vida es un viaje iniciático donde el objetivo real del viaje es finalmente él mismo. La vida es un viaje en el cual uno está embarcado sin saberlo y cuya destinación y duración son desconocidas. Un viaje a veces mágico, o incluso captivante, seguido agobiante o angustiante. Existen personas que se podría decir que son navigadores de nacimiento: de golpe, ellos decodifican el cielo y saben ubicarse. Ellos tienen una especie de cartografía interior que les permite saber siempre a donde deben ir. En la actualidad diríamos que tienen un GPS innato. [...] Yo los envidio. Cuando yo salgo del metro, casi siempre pierdo mis puntos de referencia y heme aquí buscando el nombre de alguna calle familiar para por fín poder ir en la dirección correcta.

¿Por qué el viaje es tan seductor? ¿Irse, huír, recomenzar, renacer? Escapar del encierro, abrir el horizonte, variar el menú. El viaje parece mágico, una promesa y un milagro al mismo tiempo. " (André Beauchamp)


Los peregrinos de Emmaüs decidieron no aguntar más la incertitud. Ellos decidieron de poner la llave a sus sueños con Jesús. El gran profeta está muerto, y sus esperanzas con él. Ellos regresan a casa. Cada cual a lo suyo, sin duda.



Tu eres segúramente el unico que ignora los acontecimientos de éstos últimos días...


Parece inimaginable que ese Extranjero no haya escuchado hablar del drama que pasó hace tan poco tiempo. Los peregrinos de Emmaüs confían en él durante mucho tiempo. Antes de todo, él los escucha.


Hemos escuchado hablar tanto del COVID-19 que ya estamos casi saturados. Y aquello hace raramente sonreír. Nos hemos vuelto ansiosos, desorientados. Demasiadas palabras tal vez, pero no suficientes acciones: nos volvemos pasivos, impotentes. La tragedia parece que se instaló de manera fija.


¿No era necesario que el Mesías sufriera eso para entrar en su gloria?


A cada uno su turno de tomar la palabra, pero el Resucitado la toma para explicarlo detenidamente. "No se puede brillar sin consumirse", dice un proverbio. El Maestro ilumina a los peregrinos de Emmaüs para ayudarles a asumir una noticia desconcertante, asombrosa: Dios escogió de convertirse en un servidor sufriente para ofrecernos la salvación, la paz y la esperanza. Dios tomó el riesgo de ser ridiculizado, escarnecido y matado. Su amor no se impone.


Podemos estar seguros que habrá un ANTES y un DESPUÉS de ésta pandemia. No saldremos indemnes de ésta experiencia. ¿Que va a haber de nuevo?

Quédate con nosotros, porque la noche se acerca...


Las palabras de Jesús recusitado ampliaron el horizonte de los peregrinos. Ellos adivinan poco a poco otra cosa en lo que ellos tienen que vivir. La esperanza renace, ¡y eso les hace tanto bien! ¡Sobretodo de dejarle escaparse de nuevo!


Nos anuncian un de-confinamiento, la búsqueda de una inmunidad comunitario. Nos arriesgamos entonces de atrapar el virus pero no todos al mismo tiempo. ¿Es la solución correcta? ¿Como vamos a encontrar una salida? No podemos quedarnos simplemente sin hacer nada por mucho tiempo. Al ejemplo de un largo viaje, seguido, uno vuelve transformado.



"Heme aquí ahora sin hogar, o casi. Pero libre y despejado. El espacio se estrechó, el corazón se dilató. Recuperé tiempo para mí y mis amigos. Porque el verdadero hogar no es el cercado de ladrillos, de yeso y de ventanas de la cual cada uno, seguramente, necesita para calentarse los huesos. El verdadero hogar está afuera. Se encuentra sin cesar en el encuentro de la gente que se ama. Si tu tiendes tu mano hacia mí, nosotros erigiremos una morada  que ni el tiempo ni la tempestad podrán estropear.  Nos volveremos la morada." (André Beauchamp)


Cuando estuvo en la mesa con ellos, habiendo tomado el pan, él pronunció la bendición y habiéndolo partido, les dió.


Jesús resucitado había retomado la historia de la salvación, la había explicado, comentado, puesta a la luz. Sin embargo, nada decisivo pasó. Es el fracaso de su catequésis.


No es sino cuando el hace el gesto del pan, de la fracción de éste, que los ciegos pueden volver a ver y que los discípulos le reconocen. El pan se parte y la vida se da.


Pero el Maestro ya desapareció. Porque a partir de ahora, la ausencia de Jesús significa su presencia.


Se necesitaba un gesto, una experiencia.


No comunicamos la fé solamente con palabras. Las palabras sirven para volver explícita la revelación que da la experiencia. La fé es primero una experiencia, un hallazgo. Una vida ofrecida, entregada, acogida.


Después, nos vamos de viaje, nos volvemos poco a poco peregrinos. Para la vida...


Jésus qui m’as brûlé le cœur

aux carrefours des Écritures,

ne permets pas que leur blessure

en moi se ferme :

tourne mes sens à l’intérieur,

force mes pas à l’aventure

pour que le feu de ton bonheur

à d’autres prenne.


La table où tu voulus t’asseoir

pour la fraction qui te révèle,

je la revois, elle étincelle

de toi, seul Maître !


Fais que je sorte dans le soir

où trop des miens sont sans nouvelles,

et par ton Nom dans mon regard

fais-toi connaître !


Leurs yeux ne t’ont jamais trouvé,

tu n’entres plus dans leur auberge,

et chacun dit : « Où donc irais-je

si Dieu me manque ? »

Mais ton printemps s’est réveillé

dans mes sarments à bout de sève

pour que je sois cet étranger

brûlant de Pâques !

(Didier Rimaud)

25 de Abril del 2020 Pedro




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